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L’enseignement selon la culture orale: une approche à découvrir!

Alphonse Tierou propose une formation sur la Connaissance du Masque et du Nom africains, en suivant les règles de l’enseignement dans la culture orale. Concrètement, voici comment cela se déroule.
Avant chaque séance, l’élève est invité à choisir plusieurs questions relatives au sujet, parmi une liste qu’il aura préalablement reçue. Les questions de la liste ne suivent pas un ordre préétabli et ne sont pas exhaustives. L’élève est libre d’en poser d’autres.
Les questions sont posées au formateur au début de chaque rencontre.

Tout commence par une question !

Le cours commence donc par une question. Il se déroule sous forme d’échanges, de discussions, d’écoute de part et d’autre, de temps de silence et d’explications, voire d’éclairages de certains points de la part du formateur.
L’élève a le droit de contester, de manifester son accord ou son désaccord, et même de contredire le formateur. Tout cela fait partie du cours. Il y a là une initiation à la démocratie – richesse des peuples, richesse des Nations – qui n’enlève rien ni à la crédibilité, ni au savoir, ni au respect que l’on doit à un formateur. Bien au contraire. Cette liberté accordée à l’élève a entre autres vertus d’enrichir sa réflexion, de l’approfondir, de cultiver son sens de la critique et du débat.
Par ailleurs, la philosophie de base de la culture orale est que la Vérité naît toujours de la discussion, de la contestation et de la contradiction.

Vous avez dit “danse du pêcheur” ?

Ici et là, nous entendons parler de “danse du chasseur”, de “danse des semailles”

Tiens, prenons la “danse du pêcheur”… S’agit-il des ondulations du corps d’un pêcheur qui, célébrant sur sa pirogue le succès d’une prise fructueuse, donne libre cours à son imagination débridée ? D’une danse magnifiant la création du monde et les origines aquatiques de la Vie ?

Un concept banalisé

Bien entendu, les inventeurs de la “danse du pêcheur” ne font pas référence à une telle dimension poétique. A leurs yeux, cette danse se rapproche du mime et imite une réalité éponyme : une scène
de pêche pour la “danse du pêcheur”, la vie champêtre pour la “danse des semailles”, etc. D’une simplicité déroutante, ce concept est aujourd’hui banalisé.

La danse des émotions

Or, en Afrique, l’allégresse se danse et les douleurs se dansent. Les jeunes gens se déclarent leur amour par la danse. Sur les terrains de football, de grands sportifs manifestent leur joie par la danse… Car la vocation de la danse n’est pas descriptive, contrairement au mime ou au récit. La danse est abstraction. Plus qu’un simple moyen d’expression, elle va au-delà du geste et au-delà des mots.

Pour en savoir plus :
Si sa danse bouge l’Afrique bougera, Alphonse Tierou (Ed. Maisonneuve & Larose, 2001).

“ La tradition, au sens où l’entendent les Masques de Sagesse, est une tradition créatrice qui consiste en la remise aux générations suivantes des objets reçus en garde, après les avoir enrichis. 

Alphonse Tierou

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